En Martinique, le rectorat présente une équipe chargée d’accompagner un principal de collège et de favoriser le dialogue avec les personnels. Une intention louable. Encore faut-il que la composition de cette équipe inspire confiance.
Selon les éléments portés à la connaissance du SNALC DETOM, un inspecteur retenu pour cet accompagnement s’est rendu à plusieurs reprises dans l’établissement, au cours des dernières années, sans prendre la peine de saluer le chef d’établissement. Ce dernier a expressément contesté sa participation et demandé qu’il ne fasse pas partie de l’équipe.
Voilà donc un cadre appelé à contribuer au rétablissement du dialogue, alors que ses propres relations avec le principal sont déjà marquées par un défaut de courtoisie professionnelle rapporté à plusieurs reprises. Pour restaurer la confiance, le choix paraît pour le moins singulier.
À cette difficulté s’ajoute un lien conjugal avec une autre cadre académique dont nous avons nous-mêmes constaté l’absence de salut lors d’une précédente rencontre au rectorat, en présence du principal et du représentant du SNALC.
Ces éléments appellent des explications. Pourquoi retenir, pour une mission aussi sensible, une personne dont le positionnement est expressément contesté par celui qu’elle est censée accompagner ? Quelles garanties concrètes permettront d’assurer un regard impartial sur la situation ? Quelle réponse sera apportée à la demande de modification de l’équipe ?
Le mot « accompagnement » ne dispense pas de répondre à ces questions.
L’article L. 121-1 du Code général de la fonction publique est explicite : « L’agent public exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. » Cette exigence concerne aussi les cadres chargés d’intervenir dans une situation conflictuelle.
Un accompagnement crédible suppose une mission clairement définie, des faits examinés contradictoirement et des intervenants capables d’écouter toutes les parties. La confiance ne se décrète pas dans un bureau du rectorat. Elle se construit par des choix explicables et des pratiques respectueuses.
Le SNALC DETOM demande que les objections du principal soient réellement examinées, que la composition de l’équipe soit réévaluée et que les objectifs comme les modalités de son intervention soient précisés par écrit.
Si Madame la rectrice maintient cette composition malgré les réserves expressément formulées, elle devra expliquer ce choix et les garanties d’impartialité apportées. Le SNALC lui demandera également de rendre compte des suites données aux observations du principal sur les comptes rendus produits, ainsi que de l’usage qui sera fait de ces documents dans toute décision le concernant. Un accompagnement placé sous l’autorité du rectorat engage aussi la crédibilité de celles et ceux qui en arrêtent les modalités.
Au fil de nos rencontres aux Antilles et en Guyane, une même exigence se dégage : des pratiques managériales respectueuses, un traitement équitable des situations et des interventions académiques impartiales. Ces exigences concernent tous les personnels : elles conditionnent leurs relations professionnelles et leurs conditions de travail.
Le SNALC consignera les faits, les décisions et les réponses apportées.
L’exemplarité managériale se mesure aussi à la manière dont l’administration traite ceux qu’elle prétend accompagner.





