Des conflits entre personnels de direction, des comportements décrits comme humiliants, des évaluations contestées : les témoignages recueillis par le SNALC DETOM en cette rentrée appellent un examen sérieux. Les personnels attendent des réponses sur leurs conditions de travail.
Dans un lycée de l’île de Cayenne, des témoignages font état, en cette fin septembre, d’altercations publiques entre deux personnels de direction. Des paroles et des attitudes vécues comme dégradantes, attribuées à l’un d’eux, nous sont également rapportées.
Ces faits doivent être vérifiés et examinés. Les équipes doivent pouvoir travailler sans subir les conséquences des conflits de leur direction. Elles attendent un cadre professionnel respectueux, y compris lorsque des désaccords existent entre responsables.
Dans un collège de l’ouest guyanais, des personnels décrivent des pratiques managériales qu’ils estiment humiliantes et déstabilisantes. Ils rapportent avoir déjà alerté sur leurs difficultés, tandis que l’équipe de direction est demeurée en fonction. Nous demandons que les signalements antérieurs et les réponses apportées soient examinés ensemble, afin d’apprécier l’évolution de la situation.
Lors de notre venue pour une heure syndicale, nous avons directement constaté un accueil peu propice au dialogue. Entrés dans le bureau de la principale adjointe pour la saluer avant la réunion, nous avons reçu cette réponse : « Ah, c’est aujourd’hui ? » Elle est restée assise, regardant son téléphone. Un second téléphone a sonné, interrompant l’échange, puis elle nous a indiqué : « Là, j’ai un dossier important. »
Cet épisode ne permet pas, à lui seul, de caractériser les pratiques de direction. Il constitue néanmoins une expérience concrète des échanges avec les représentants des personnels.
Les difficultés rapportées concernent aussi le premier degré. Des enseignants contestent les conditions dans lesquelles une IEN conduit leurs rendez-vous de carrière et la manière dont leur travail est présenté dans les comptes rendus. Ils décrivent des échanges éprouvants et mettent en cause certaines appréciations.
Ces objections appellent un examen précis : sur quelles observations les appréciations reposent-elles ? Les comptes rendus restituent-ils fidèlement les éléments examinés ? Comment les désaccords exprimés par les enseignants sont-ils pris en compte ?
Une fonction d’autorité ne suffit pas à rendre une appréciation incontestable. La qualité de l’évaluation exige des observations précises, des critères explicites et des échanges respectueux.
L’article L. 121-1 du Code général de la fonction publique impose aux agents publics d’exercer leurs fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Cette exigence concerne pleinement les personnels de direction et d’inspection.
Nous demandons au rectorat des réponses précises sur le traitement de ces situations : quelles vérifications sont réalisées ? Quelles mesures sont retenues lorsque les faits sont établis ? Comment leur efficacité est-elle suivie ?
Lorsque les difficultés persistent, l’absence de réponse concrète perceptible peut nourrir un sentiment d’impunité. L’autorité académique doit veiller à ce que les personnels puissent constater que leurs alertes sont examinées et que les comportements établis comme inacceptables appellent une réponse adaptée.
Le SNALC DETOM poursuivra le recueil des témoignages et l’examen des pièces, en distinguant les faits directement constatés, les comportements rapportés et les points restant à vérifier. Les éléments documentés alimenteront le dossier préparé à destination de la DGRH.
Notre exigence est collective : des personnels respectés, des évaluations étayées et des alertes effectivement traitées. La qualité du management se mesure aussi à la capacité de l’institution à examiner les pratiques de ses cadres et à corriger les difficultés établies.





