Search
Filtres génériques
Correspondance exacte uniquement
Rechercher dans le titre
Rechercher dans le contenu
Filtrer par Catégories
Sélectionner tout
Actualités
COM
Nouvelle Calédonie
Polynésie Française
Saint Pierre et Miquelon
Wallis et Futuna
Congrès
Contact
Adhérer au SNALC
Détachés
CANOPE
CNED
Ecoles Militaires
Etranger
AEFE
Expatriés
Recrutés locaux
Résidents
Autres pays
Andorre
Monaco
Autres réseaux
Ecoles Européennes
MEAE
Mission Laïque
Nos partenaires
Outre-mer
DOM
Guadeloupe
Guyane
Martinique
Publications
Nos articles

Guyane : des cadres en roue libre, un rectorat attendu au tournant

© freepik

Le SNALC DETOM a été alerté sur diverses situations. Des tensions qui éclatent publiquement entre personnels de direction, des propos dégradants rapportés par les personnels, des pratiques d’évaluation contestées : en Guyane, plusieurs situations interrogent la réaction de l’autorité académique. Jusqu’où faudra-t-il laisser les relations professionnelles se détériorer avant d’intervenir ?

Dans un lycée de l’île de Cayenne, des altercations publiques entre deux personnels de direction nous sont rapportées en cette fin septembre. À ces tensions s’ajoutent des témoignages faisant état, de la part de l’un d’eux, de paroles et d’attitudes humiliantes à l’égard des personnels.

Les équipes n’ont pas à subir les conflits de leur direction, ni à devenir la cible de leurs débordements. L’exercice de l’autorité exige de savoir maîtriser ses propres comportements.

Dans un collège de l’ouest guyanais, d’autres témoignages décrivent des pratiques managériales vécues comme des violences psychologiques. Malgré des alertes antérieures sérieuses, les deux personnels de direction ont été maintenues à la tête de l’établissement. Ce choix appelle des explications sur l’examen des signalements et les mesures prises pour protéger les conditions de travail des personnels.

Lors d’une récente heure syndicale, nous avons nous-mêmes constaté un accueil pour le moins révélateur. Venus saluer la principale adjointe dans son bureau avant la réunion, nous avons reçu pour réponse : « Ah, c’est aujourd’hui ? » Elle est restée assise, les yeux rivés sur son téléphone, en nous accordant à peine un regard. Un second téléphone a ensuite sonné, interrompant immédiatement l’échange. Elle nous a alors indiqué : « Là, j’ai un dossier important. »

Cet épisode ne résume pas, à lui seul, la situation de l’établissement. Il constitue toutefois un fait directement observé, qui interroge la considération accordée aux représentants des personnels et au dialogue syndical.

Les alertes concernent également le premier degré. Des enseignants dénoncent la manière dont une inspectrice de l’Éducation nationale conduit leurs rendez-vous de carrière et rend compte de leur travail. Les pratiques rapportées soulèvent des questions sur les conditions des échanges, la fidélité des comptes rendus et la solidité des appréciations portées.

Une évaluation professionnelle exige des observations précises, des appréciations étayées et des échanges respectueux. Lorsqu’un compte rendu est contesté, la fonction de son auteur ne saurait suffire à écarter les objections. Les faits doivent être vérifiés et les désaccords examinés sérieusement.

L’article L. 121-1 du Code général de la fonction publique dispose que « L’agent public exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. » Cette exigence s’applique aussi aux personnels de direction et d’inspection.

Le rectorat doit apporter des réponses précises : quelles suites ont été données aux alertes ? Quels faits ont été vérifiés ? Quelles mesures ont été prises pour prévenir la répétition des comportements signalés ? Comment les contestations portant sur les évaluations sont-elles examinées ?

L’autorité académique a été informée : le SNALC DETOM suivra ces situations de très près. Nous recueillerons les témoignages, consignerons les faits et demanderons des suites explicites aux signalements. Les comportements rapportés comme humiliants ou constitutifs de violences psychologiques devront être examinés avec rigueur.

Les personnels attendent de pouvoir travailler et être évalués dans un cadre respectueux. Face à des cadres en roue libre, ils sont en droit d’attendre une autorité académique qui assume pleinement son rôle.