Séminaire de concertation sur le développement de l'enseignement français à l'étranger

 


Compte rendu du séminaire de concertation sur le plan de développement de l’enseignement français à l’étranger (EFE) du 20 juin 2019 à la Cité Internationale Universitaire de Paris.

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Le SNALC était présent lors de ce séminaire qui a réuni notamment de nombreux sénateurs, députés, ambassadeurs, ainsi que l’inspection Générale, les directeurs de l’AEFE, de la mission laïque et du CNED.

Ce séminaire avait pour objectif de réfléchir sur les modalités qui devront être mises en œuvre pour doubler les effectifs d’élèves de l’EFE (Enseignement Français à l’Étranger) dans les douze années à venir selon le souhait du Président de la République.

Le séminaire s’est organisé autour de quatre axes de travail :

  • Étendre l’offre éducative tout en maintenant sa qualité ;
  • Consolider le rôle de l’AEFE dans le développement du réseau ;
  • Valoriser le modèle de l’enseignement français à l’étranger en renforçant l’attractivité de l’offre pédagogique ;
  • Adapter le développement du réseau aux enjeux locaux et aux besoins des familles.


Les participants se sont donc répartis dans quatre ateliers qui ont formulé les préconisations suivantes :

  • Le premier atelier recommande de préserver le réseau des établissements actuels en s’assurant qu’ils soient au cœur des processus de développement. Ils souhaitent la mise en place d’une charte de bonnes pratiques pour les établissements afin d’harmoniser les pratiques entre les établissements en gestion directe, les établissements conventionnés et les établissements partenaires.

  • Le groupe qui a travaillé sur le second axe, préconise de faire évoluer l’homologation afin de faciliter la création d’écoles partenaires. Il faudra renforcer le nombre d’inspecteurs pour augmenter les audits que nécessite l’homologation et s’intéresser aux expériences d’autoévaluation des établissements. L’agence a aussi créé un nouveau logo « établissement en cours d’homologation ». Enfin, le projet nécessitant 500 enseignants supplémentaires chaque année, il faudra détacher à terme 1000 titulaires supplémentaires et instaurer une formation standardisée en Master MEEF pour les recrutés locaux.

  • Le troisième groupe de travail a répertorié et détaillé les atouts du réseau et du système français qui permettront d’attirer de nouveaux étudiants. Dans un contexte concurrentiel, la nécessité d’avoir un réseau attractif est essentiel. La communication doit donc être améliorée et se baser sur trois atouts de l’EFE : les langues, le numérique et l’accompagnement de l’élève de la maternelle au bac, tout en développant un service postbac. Il faut aussi continuer à privilégier les relations avec les parents qui restent les premiers ambassadeurs de l’enseignement français à l’étranger. Sur ce point, il est souligné que la formation des enseignants doit être de qualité.

  • Le quatrième atelier explique que le conventionnement doit être différencié selon les réalités locales et que l’on doit laisser davantage de liberté pédagogique aux établissements notamment en ce qui concerne les langues. Toutefois, la formation des enseignants reste un critère déterminant dans la procédure d’homologation, les établissements doivent être engagés sur la formation initiale et continue.



Au cours de ces échanges, nous avons pu constater que l’EFE allait devoir changer son esprit et sa raison d’être. Actuellement, la mission première de l’EFE tourne essentiellement autour de trois axes. Elle a pour mission de scolariser les élèves français et binationaux qui résident à l’étranger, d’attirer une certaine élite d’étudiants étrangers pour qu’ils poursuivent leurs études en France et elle doit promouvoir la francophonie dans le monde.

Cependant, ce qui ressort de cette journée nous éloigne de ces prérogatives. En effet, afin d’attirer les étudiants étrangers, il est demandé de renforcer l’anglais pour qu’ils puissent mieux s’inscrire dans les cursus universitaires de leurs pays. Par exemple, le recrutement des nouveaux enseignants pourrait tenir compte de l’obtention d’un DNL. Les élèves ne viennent donc plus pour apprendre le français, mais pour perfectionner leurs compétences afin de poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur de leur pays. Tant pis pour la langue française ! Le fait d’ailleurs qu’aucun critère de la procédure d’homologation ne fixe un nombre d’heures de cours enseignées en langue française est révélateur. Ainsi, le rapatriement des élites vers nos facultés semble révolu. Il est d’ailleurs paradoxal de demander à ces élèves de venir étudier dans les universités françaises, alors même que le gouvernement vient d’augmenter les droits d’inscription pour les étudiants extra communautaires.

La question du financement des écoles est bien sûr un sujet sensible, car il s’agit d’un système qui s’apparente aux écoles privés. Mais ce qui est acceptable, car nécessaire, devient inquiétant quand les familles étrangères sont considérées uniquement comme des clients. Les établissements font des études de marché afin de concurrencer les écoles américaines et britanniques. Le SNALC ne peut que s’opposer à cette course à l’argent. On peut d’ailleurs se demander à quoi pourrait servir l’EFE, si elle ne promeut plus le français et qu’elle forme des étudiants, qui pour certains, ne mettront jamais les pieds en France. Cette réforme nécessite, rappelons-le, de détacher 1000 titulaires de l’Éducation nationale alors que nous manquons d’enseignants dans de nombreuses académies.